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Osaka, un subtil équilibre entre travail et divertissement

25 mars 2019

Située à l’ouest de la principale île du Japon, la préfecture d’Osaka (ainsi que la métropole du même nom) est le centre géographique et économique de la région du Kansai, un territoire comprenant des villes telles que Kyoto, Kobe et Nara. Bien qu´il s’agisse de la deuxième plus petite préfecture du Japon, elle compte plus de huit millions d’habitants, dont environ 2,7 millions dans la seule ville d’Osaka. En fait, la région métropolitaine d’Osaka est si densément peuplée que seule Tokyo, la capitale du pays, peut rivaliser.

La population augmente particulièrement en journée lorsqu‘un grand nombre de personnes rejoint la ville pour se rendre au travail. On estime à 410 000 le nombre d’entreprises ayant leur siège social dans la préfecture d’Osaka ; environ 190 000 d’entre elles se trouvent dans la ville d’Osaka qui représente à elle seule 7% de l’ensemble de l’économie japonaise et plus de 25% du total de l’industrie de la grande distribution du pays.

Les principales industries d’Osaka comprennent la grande distribution, la manufacture, les entreprises de service et l’industrie pharmaceutique. Des sociétés telles que Panasonic, SHARP, Nippon Life (assurances), Suntory (whisky) et Glico (confiseries) en sont issues et comptent parmi plus de 400 sociétés cotées en bourse qui ont leur siège dans la préfecture d’Osaka, reflétant ainsi son importance économique et commerciale. Il n´y a donc rien d´étonnant au fait que de nombreux produits comme les systèmes androïdes, les stylos gel, les nouilles instantanées, le karaoké ou les bars à sushi soient tous conçus à Osaka.

Selon l´hebdomadaire anglais « The Economist », Osaka a même été élue en 2018 la troisième ville la plus agréable à vivre du monde, battant Tokyo, classée alors septième. En vérité, les deux villes sont d’excellentes destinations pour les voyageurs d’affaires et autres visiteurs, mais des différences existent. Si les Tokyotes ont la réputation d’être polis et bien élevés, par exemple, les habitants d´Osaka seraient plus connus pour leur rudesse et leur ténacité. Dans le monde des affaires, ces derniers sont également considérés comme des négociateurs difficiles mais efficaces. Et si de nombreux étrangers voient en Tokyo la référence du Japon, certains habitants d´Osaka jugent la capitale ennuyeuse et conformiste.

L´essor économique

Osaka a toujours été une ville importante sur les plans politique et économique, et fut même brièvement la capitale du pays de 645 à 655. En 1583, le célèbre seigneur féodal Toyotomi Hideyoshi y fit construire son château après des décennies de guerre entre clans rivaux, qui débouchèrent finalement à l’unification de la nation. Toujours debout malgré des destructions et reconstructions successives, ce château est devenu le symbole de la persévérance de la ville.

Ville portuaire depuis sa création, Osaka tient sa prospérité commerciale de son réseau fluvial. Dès le 3e siècle, Naniwazu (l’ancien port de la ville) servait en effet de point d’arrivée et de départ aux émis-saires venus de Chine et de Corée. C´est aussi grâce à ce port que les nouvelles technologies et les idées culturelles venues de l’étranger ont pu se répandre dans tout le Japon. Canaux et entrepôts, construits au moment où les échanges commerciaux étaient en plein essor, témoignent de l´importance de ces voies fluviales, tout comme le surnom « aquapolis » souvent donné à la ville.

 

Maintenant qu’Osaka connait une renommée nationale et internationale, son développement s’accélère. Des centres commerciaux, des bureaux et des hôtels semblent sortir de terre quotidiennement. Le bâtiment le plus haut du Japon, Abeno Harukas, a ouvert ses portes en 2014. Avec ses 60 étages et son observatoire panoramique à 300 mètres de haut, il surpasse de loin les autres gratte-ciels. Les projets de construction de la ville ont reçu en outre un nouvel élan en novembre 2018 après qu´Osaka ait été choisie pour recevoir l’Exposition universelle en 2025. Dans cette perspective, une île artificielle est actuellement en construction pour accueillir cet événement mondial.

Une ville, deux centres-villes

Osaka possède une culture fascinante, qui s´est développée au cours des millénaires. Pourtant, ce n´est que récemment que les habitants des alentours prêtent réellement attention à cette métropole.
Deux centres-villes sont à découvrir dans cette ville : Minami, le centre pour faire la fête (appelé « South ») et Kita, le centre des affaires (« North »). À Minami, les visiteurs et les habitants se pressent surtout dans le quartier Dotonbori, véritable poumon du diver¬tissement. On y trouve notamment d’énormes néons et enseignes lumineuses (Dotonbori est souvent comparé à Times Square) qui alimentent l´image très colorée et vive du Japon. À cela s´ajoutent des temples antiques et des spectacles comme le « kabuki », une forme de théâtre traditionnelle aux costumes élaborés et aux interprétations extravagantes.

De Dotonbori à Nipponbashi, il n´y a qu´un pas. Surnommé « Den Den Town », ce quartier parfait pour les nerds et gamers est un mélange d´épais murs, d´arcades, de cafés, de sex-shops, de magasins d’articles de loisirs et d’électronique bon marché. De l’autre côté de Dotonbori se trouve Amerikamura (« American Village »), alias « Amemura », qui tire sûrement son nom de sa réplique de la statue de la liberté. Avec ses boutiques de vêtements d´occasion et ses restaurants étrangers, il se dessine dans ce quartier une contre-culture jeune.

Dans l´arrondissement de Kita, plus raffiné que son pendant du sud, le quartier Umeda constitue le plus grand pôle d´affaires de la ville. On y trouve également l´imposante gare qui dessert toutes les villes environnantes, et qui a permis à Umeda de devenir rapidement le centre économique d´Osaka. La gare a été construite en 1874 et le quartier d´Umeda, alors composé essentiellement de rizières, fut à l´époque justement choisi pour le vaste espace rural qu´il offrait et sa proximité avec Kobe.

Une culture du travail à la fois dévouée et éreintante

Osaka a la réputation d’aimer la fête, mais aussi de travailler avec encore plus d´acharnement. D´un point de vue extérieur, la vie économique semble se définir, comme dans la majeure partie du Japon, par une vision globale : les entreprises recrutent leurs employés dès la sortie de l’Université et les gens ont tendance à travailler toute leur vie pour un seul et même employeur. On attend de certains employés qu´ils travaillent de longues heures, ne prennent que rarement des vacances et, dans la mesure du possible, jamais de congé maladie. Les idées confucéennes selon lesquelles le groupe est plus sacré que l´individu et que les dirigeants doivent être mis sur un piédestal sont encore d´actualité dans cet environnement moderne. Ce mode de vie panoptique présente des avantages - la plupart des gens ont la garantie d’être promus et les salaires ont tendance à augmenter au fil du temps - mais il peut y avoir également des inconvénients. Certains employés dénoncent par exemple le fait qu´il soit difficile pour une personne de trouver un nouvel emploi lorsqu´elle quitte une entreprise, l´expérience professionnelle antérieure n´étant pas perçue comme un atout, mais comme une trahison. On trouve des cas de surcharge de travail, de dépression, d´épuisement et, dans des cas extrêmes, des victimes de karoshi, « mort par surmenage ». Des accusations sont portées sur les hiérarchies trop strictes qui peuvent conduire au harcèlement professionnel ou sexuel sur le lieu de travail. Enfin, certaines personnes voient dans la culture de l’Afterwork (pratique encore très répandue au Japon) davantage une exigence imposée par la société qu’un moyen de relâcher la pression.

Le monde du travail au Japon a beau être gage de productivité, le gouvernement lui-même reconnait que l’environnement professionnel a besoin d’être réformé. En 2018, une législation a été approuvée pour plafonner le travail supplémentaire à cent heures par mois et des sanctions ont été prévues pour les entreprises qui enfreindraient ce nouveau règlement.

Bien que l’effet de cette législation reste encore à démontrer, l’avenir d’Osaka apparaît beaucoup plus clair. Sous l’impulsion de son économie innovante et dynamique et avec l’appui d’une scène culturelle florissante, Osaka continue non seulement à se bâtir une réputation internationale de ville où l’on travaille dur, mais où l’on sait aussi s’amuser.

 

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